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Le 25 février, cela fera dix mois que Justine Gressler, portant en elle un petit garçon sur le point de voir le
jour à la maternité de Bastia, est morte et avec elle l'équipage et le médecin du SAMU qui l'accompagnait dans l'hélicoptère de la Sécurité Civile qui s'est écrasé près de la commune de Ritali en
Corse.
Madame ALLIOT MARIE, alors Ministre de l'Intérieur, est venue sur place témoigner de son affliction, et deux enquêtes, l'une administrative, l'autre judiciaire, ont aussitôt été ordonnées, tandis que les familles des victimes se constituaient partie civile devant le Juge d'Instruction de BASTIA pour homicides involontaires.
Dès après le crash, le Service de Recherches de la Gendarmerie des Transports Aériens (SRGTA) de ROISSY prenait les choses en mains et saisissait de multiples organes de l'appareil ainsi que des éléments susceptibles de déterminer les causes de l'accident - le troisième survenu en montagne à un hélicoptère EC145 fabriqué par EUROCOPTER.
Le BEAD-air, qui dépend du Ministère de la Défense, s'emparait également de l'enquête et confiait au CEPr (Centre d'Essais de Saclay, qui dépend de la DGA) l'expertise des débris.
Or si l'expertise de l'épave, comme il fallait s'y attendre, n'a apporté aucun élément intéressant, les experts ou techniciens du BEAD-air, quant à eux, restent taisants sur le résultat de leurs travaux, et ceci dix mois après le drame.
Ce silence et cette lenteurs manifestement volontaires sont une insulte à la mémoire des victimes de cet accident, dont beaucoup de pilotes ou d'anciens pilotes d'hélicoptère pensent qu'il est dû à une défectuosité du rotor arrière anti-couple (RAC) dont les faiblesses avaient déjà été mises en évidence en 2003 et en 2006 lors des précédents accidents.
Mais il y a pire.
La Justice, dont c'est le rôle, refuse systématiquement d'ordonner une expertise aéronautique confiée à des experts indépendants figurant sur la liste officielle des experts près les Tribunaux ou les Cours. A deux reprise, le Juge a refusé notre demande d'expertise, sans autre motif que celui tiré du fait que le BEAD-air devait faire son travail, alors que chacun sait que cet organisme ne rend que des avis.
Par ailleurs la Presse, écrite, parlée, télévisée se refuse à toute investigation en dépit des éléments troublants en sa possession. Elle préfère, comme a tenté de le faire la rédaction de France 2, préparer des émissions du style "people" (une émission "toute une histoire" de M. DELARUE a été déprogrammée suite à nos protestations car elle avait pour objet de mettre en exergue la douleur du compagnon de Justine).
Il reste les blogs, où tout le monde peut effectivement s'exprimer, mais qui ne remplacera jamais un journal télévisé du 20 heures titrant sur le scandale d'Etat que constitue le mutisme des "experts" du BEAD-air et l'attentisme de la justice.
Va-t-il falloir que la mère de Justine, comme elle l'a annoncé, commette sur sa personne un acte irréparable lorsque viendra le terrible anniversaire?
Ils avaient pourtant juré de faire toute la lumière sur cet accident. Ils, ce sont les politiques, le Président en tête, ainsi que le Premier Ministre (lettre du 7 décembre 2009). Mais depuis, les mois passent et "l'on" espère que, tout comme pour l'accident du Concorde, dix ans suffiront à apporter une réponse sous forme de questions.
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